Non à la casse du logement social !

9 décembre 2008

Tract-action-unitaire-logement Projets de Madame BOUTIN, Ministre du Logement.

Le projet de loi MOLLE « Mobilisation pour le logement et la lutte contre l’exclusion » actuellement discuté au parlement est en fait un projet de mobilisation contre certaines catégories de locataires des HLM qui pourtant ne sont pas riches.

Ce sont d’abord les locataires soudains décrétés comme étant devenus des classes dites « moyennes », parce qu’il en existe de plus pauvres qu’elles. C’est sous ce prétexte qu’elles sont désormais déclarées coupables d’être « trop riches » pour occuper un logement social Ainsi un célibataire gagnant plus de 1335 € devient un riche qui ne pourra plus demander une HLM, ni pouvoir y rester sans payer un surloyer toujours plus cher. Sont également concernées les locataires en difficultés graves, menacés par le raccourcissement des délais d’expulsion ramenés à un an maximum, ce qui leur laissera peu de temps pour trouver les solutions nécessaires. Enfin ceux qui vivent dans des logements sous-occupés, trop grands pour eux.

C’est surtout un projet de démobilisation de l’Etat qui prépare son désengagement du Logement Social, laissant au secteur privé le soin de loger, aux prix que l’on sait, ceux qu’il veut exclure du secteur social. Dans ces conditions ; plus besoin de construire de HLM si ne peuvent plus y accéder que les plus pauvres des pauvres.

Ce projet refuse de faire l’effort de construction qui s’impose (le budget du logement devrait baisser de 7% en 2009) ce qui réduira les crédits à la construction HLM de 30%. Il veut récupérer des logements sur le parc HLM existant. D’où le projet de mise en place de « surloyers dissuasifs », la baisse du plafond de ressources pour obtenir un logement social et la suppression de la garantie de maintien dans les lieux par la création de la notion de « mobilité », qui permettra aux organismes d’obliger ceux qu’ils jugent en « infraction » à quitter leur logement.

Nous devons donc être particulièrement vigilants et faire en sorte de disposer d’associations de défense des locataires représentatives fortes, capables de mobiliser l’opinion et de se faire entendre des pouvoirs publics afin les dissuader de poursuivre ce projet. Vous pouvez y contribuer en participant aux actions ici proposées.

Un front commun des cinq grandes Confédérations représentatives de défense des locataires
(dont la CGL) et des cinq grandes Confédérations syndicales de salariés est en place.

Participez à la manifestation unitaire du 13 décembre, à PARIS, à partir de 14H. (Rendez-vous, à la sortie du métro Duroc arrivée devant le Ministère du Logement).

Nous vous demandons aussi de signer la pétition nationale et de l’envoyer à votre député pour lui demander de ne pas voter la loi. Téléchargez la lettre à compléter et à envoyer à votre député à l’Assemblée Nationale.

ENSEMBLE REAGISSONS POUR DEFENDRE NOTRE LOGEMENT SOCIAL


Exigeons de l’État une politique du logement et des moyens financiers à la hauteur de l’urgence !

9 décembre 2008

Appel unitaire pour le logement
Dès les premiers froids, nous vivons l’inacceptable : en France, en 2008, des hommes meurent encore de l’ultime exclusion, celle du droit au logement. Alors que le mal-logement et la précarité gagnent partout du terrain, nous ne pouvons plus nous taire ! La crise que nous connaissons est sans précédent. Plus de 3,3 millions de personnes ne sont pas logées dignement. Le logement précaire, l’insalubrité et le surpeuplement sont devenus des réalités massives. Les expulsions se multiplient (plus de 100 000 en 2008), sur fond de stagnation des salaires et de baisse du pouvoir d’achat. Trouver un logement à un coût abordable est devenu une course d’obstacles ; s’y maintenir demande un effort financier toujours plus lourd pour les familles. 60% des Français craignent de se retrouver à la rue. Les classes moyennes ne sont plus épargnées.

Face à cette situation, l’État ne joue pas son rôle de garant du droit au logement. Bien au contraire :

Le désengagement financier de l’État prend des proportions inédites, en totale contradiction avec la récente loi sur le « Droit au logement opposable ». En 2009, la part du budget consacrée au logement sera en baisse de 7%. Le logement social verra ses crédits amputés de 30%, alors que plus d’1,3 millions de familles sont aujourd’hui en attente d’un logement HLM. Les engagements pris en matière d’hébergement ne seront pas non plus tenus, malgré des structures saturées et un évident manque de moyens. Ainsi, la crise du logement n’empêche pas le gouvernement de faire délibérément le choix d’une réduction sans fin de son effort financier. Le détournement du « 1% logement » ne suffira pas à le dissimuler.

Avec la loi Boutin, c’est toute la politique publique du logement qui est mise à mal. La logique est désormais la suivante : aux exclus les HLM, aux autres le secteur privé ou l’accès à la propriété ! Cette politique, en pleine crise financière, ne tient pas compte de la situation réelle des familles, qui seront encore un peu plus précarisée. Aucune mesure n’est prévue pour sécuriser les emprunts de longue durée ou agir sur l’augmentation des charges de copropriété. Rien n’est fait pour encadrer les loyers anormalement élevés du secteur privé, soumis à la seule loi du marché. Quant au logement social, il voit ses missions réduites à la gestion de la misère. Les locataires les moins pauvres sont culpabilisés et poussés vers la sortie, au mépris de toute exigence de mixité sociale. L’obligation pour les communes d’atteindre un seuil minimum de 20% de logements sociaux, qui était une incontestable avancée, est également remise en cause.

Il est temps de réagir ! Demandons à l’État, seul garant du droit au logement, de se donner enfin les moyens d’une politique publique digne de ce nom, permettant à toute personne d’accéder à un logement de qualité et de s’y maintenir !
NON À LA LOI BOUTIN !
Nous exigeons :
• Une politique ambitieuse de production de logements sociaux, appuyée sur des moyens financiers conséquents ;
• Un programme de logements-relais et de place d’hébergement pour faire face à l’urgence, avec un suivi social adapté ;
• Le retour au « 1% logement » et une utilisation des fonds récoltés conforme aux missions d’intérêt général définies par les partenaires sociaux.
Manifestation nationale le samedi 13 décembre à 14h00 du Métro Duroc au ministère du logement